Je suis sujet. Tu es sujet. Mais sujet de quoi ? à moins que ce ne soit sujet à...sujet à caution, tiens, pourquoi moi.Sujet à diverses affections, troubles. Et tout se brouille. Qu'est-ce qu'un sujet ? Doit-on trouver un "sujet" avant d'écrire par exemple ? Ou écrit-on pour découvrir son "sujet" ? (lequel, celui que "je" suis, tu es, il est...ou bien ce à propos de quoi nous écrivons (nous, vous, ils, elles...on ?)

Il y a aussi sujet comme "assujetti", beaucoup moins agréable, le sujet n'étant justement plus sujet, mais sujet d'un "autre" (maître, etc.)

Mais si nous sommes "sujet", sans doute faut-il être sujet de quelque chose ? De quoi ?

Être seulement, simplement, sujet, et se tenir debout. Continuer à rester "debout". Je me tiens droite, je lève le regard et fixe un point devant moi, je respire, détend mes bras, tout ce qui ne me sert pas d'appui pour me tenir debout, tiens mon dos sans le raidir, fais attention aux raideurs presque naturelles du cou...mouvement. Pliure des genoux, l'un, puis l'autre, on dirait que le corps s'affaisse,, les bras se lèvent comme pour contraindre et retenir la chute, deuxième temps, le corps glisse au sol, il est allongé sur le côté. Une jambe un peu plus repliée que l'autre. Est-ce que je suis toujours sujet lorsque je suis au sol ?

Sommes-nous toujours sujets lorsque nous sommes au sol ? à terre ? Jusqu'à quel point ? Je sais, cela dépend aussi du regard de l'autre. Mais pas seulement. Qu'est-ce que "je" ressens de moi-même lorsque je suis à terre, liquéfiée par des événements qui semblent me ramener, toujours un peu plus, au sol. Chute sur chute, la vie est parfois ainsi faite. Pas tout le temps, heureusement. Et ce n'est pas toujours une fatalité.

Chercher, parfois, ce qui en nous, chute.

Le danseur, léger, se relève.