Louise, l'atelier(suite)

30 septembre 2015

Parution Papier

 

Les Contemporains favoris

Avec des illustrations de l'auteur et une Postface de Jean-Michel Hirt Contient les textes "Hors-", "Trauma (Puzzle)" et "Blessure" ISBN n° 978-2-909140-30-8 " Rapprocher ces trois textes, écrits à trois moments assez éloignés dans le temps, est ici une manière de mettre en évidence ce qui pour moi fonde le

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30 janvier 2015

Palimpseste

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Etrange image

Alors que dans mon

    • corps

Tout semble se figer

- et alentour

 

Alors que dans

- l'air autour

là où il n'y a plus de

- corps (ni cette sensation épuisante de lourdeur)

tout semble

moins

figé

 

Alors qu'entre les

- corps

il semble n'y avoir plus

    • d'air (cette sensation terrible d'un « tout » compact, sans respiration possible, sans mouvement possible qui engage immédiatement l'autre en le désolidarisant, bouger, c'est se rendre coupable, incidemment, insidieusement)

vouloir (mais sans aucun pouvoir sur, d'où l'angoisse, l'angoisse extrême qui assaille parfois)

que les

corps

se défigent

là où plus rien ne peut

- bouger

là où entre les

- corps

plus rien ne bouge

    • et alentour

il y a (dans l'image, il y a)

trois corps (figés, presque imbriqués, une fresque de pierre de corps vivants)

qui ne ressemblent plus

 

à rien

 

et entre eux

on dirait un fil

de mort

qui les ligote, ça les tient ligotés, sans rien faire, sans peut-être qu'ils le veuillent vraiment

 

il faudrait sortir de ce magma de corps

morts, vivants

 

ne plus avoir envie

de rejoindre les autres

    • corps

      dans la

mort, (dans le vie) sortir de cette image

figée qui

paralyse et

déstructure intérieure-

-ment (et puis s'autoriser à

vivre, à désirer)

 

Voilà que tout est

encore

figé et l'air

devenu irrespirable

 

Aspiré par les autres corps morts

Vie mortifère, pulsion de

mort, le corps psychique pris

dans la toile

d'araignée

jusqu'à la mort ?

 

Petit à petit se délier, traverser les océans qui séparent

de soi

retrouver la cohésion

de son propre

- corps

avec son corps psychique. Se défaire de la honte

qui

paralyse et laisse le corps

prostré. Se resouvenir et se délivrer,

peut-être.

 

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15 janvier 2015

Quelques mot, en creux de l'actualité...

Remarque, à propos de la liberté d'expression, au quotidien, dans nos relations interpersonnelles. Ça me paraît important parce que c'est d'abord là qu'elle s'exerce...ou pas, ou pas trop, ou plus ou moins...parce que la capacité même à s'exprimer n'est pas exempte de la possibilité de porter un coup à autrui. Le langage, à mon sens, porte en lui-même la capacité de blesser, c'est-à-dire qu'il porte en lui-même la capacité d'unir, de diviser, de réunir et de rediviser, de blesser comme de réparer, de soutenir comme de nuire. La parole, toute parole, dans une certaine mesure, est une prise de risque pour soi, pour l'autre, de soi vers l'autre ou de l'autre vers soi. Parce que le langage traverse et forge nos subjectivités, nos singularités...que la parole se fasse dessin n'ôte rien à cet « aigu » de la nature même du langage, qui lui est aussi constitutif et nécessaire. Alors, dès lors que nous parlons de limites de l'expression, de quelles limites parlons-nous ? Quand nous nous sentons offensés, blessés par une parole, de quelle blessure s'agit-il ? Cette blessure est-elle due à nos propres limites ou à la liberté qu'exerce autrui ? Qu'est-ce que nous nous autorisons à entendre ? Oui, parler est un risque, comme entendre, écouter. Celui d'être déstabilisé, blessé, mais aussi d'aimer et de rester vivant.

 

 

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13 septembre 2014

A propos de Guyotat

Article à lire sur Remue-net, ici :

 

http://remue.net/spip.php?article6977

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05 septembre 2014

Publication : Trauma (Puzzle)

http://contemporains-favoris.blogspot.fr/

(cliquer ou copier/coller le lien)

 

Publication numérique de deux textes : Trauma (Puzzle) et Blessure, ainsi que de dessins et d'une peinture.

 

 

« Rapprocher ces deux textes, écrits à deux moments assez éloignés dans le temps, est ici une manière de mettre en évidence ce qui pour moi fonde le geste d’écrire : Trauma (puzzle) et Blessure, ont en effet surgi de l’écriture même, sans intention préalable, comme si écrire avait pour fonction de mettre au jour ce qui de l’intime n’aurait pu se révéler autrement et témoignant à leur manière de plaintes sourdes et énigmatiques que l’écriture a contribué à reconstituer (puzzle) et donner à voir, sans tout à fait en dissiper l’épaisseur. 
Cette démarche, que je privilégie, se trouve ainsi à la croisée de l’écriture et de la psychanalyse, tout comme elle me mène aux limites (frontières), d’autres arts : les mots puisent dans les dessins et peintures que je réalise, comme ceux-ci peuvent également faire résonner ce qui ne peut être mis en mots. Écrire, dessiner, sont ainsi des gestes, des mouvements, qui prolongent à leur manière le mouvement dansé que j’ai longtemps pratiqué. Tisser, mettre en lien, tenter de saisir ce qui inconsciemment travaille, tenter de dire et donner forme au plus près de ce qui s’écrit. »
Louise Brun

 

 

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13 mars 2014

Note 1

Note 1 :

 

La nuit deborde

 

Faire trace de ce qui en soi danse

 

Trois approches indissociables. Dans ma pratique, je passe souvent de la peinture (ou du dessin) à l'écriture, puis de l'écriture au dessin. Lorsque je dessine, il ne s'agit pour moi pas tant de représenter quelque chose, mais parfois d'interpréter ce que je vois pour en saisir ce que je peux en ressentir. Plus exactement, ce qui m'intéresse, c'est comment le ressenti est susceptible de teinter ce que je vois et représente. Par exemple, si je choisis de dessiner un paysage, il sera autant intérieur qu'extérieur, car c'est ce point de « confusion » entre intérieur et extérieur qui m'intéresse.

 

Cependant, la plupart du temps, il ne s'agit pas du tout de représenter, mais de faire jaillir, par le trait, le geste, les formes, ce qui pourrait être autrement traduit par un mouvement dansé et correspond à une impulsion gestuelle, nerveuse. Travailler en quelque sorte ce que j'appelle « des calligraphies nerveuse », dont le mouvement et le sens apparaissent tout en faisant mystère. D'où, très fréquemment, le fait qu'un dessin précéde un texte, ou rend possible la mise en mots de ce qui était trop englué dans l'émotion, l'affect, le pathos...Comme si le geste permettait de libérer les mots, la pensée, l'expression verbale.

 

Il arrive aussi que mon écriture, qui plus qu'écrire, fait trace, prend note des événements de ma pensée, de ce qui s'y produit, se déforme au point d'apparaître plutôt comme un dessin. Dans ces moments-là, le graphisme encrypte autant qu'il décrypte ce qui se produit lors de cette méditation en acte. Il met à jour ce qui est pensé en me permettant d'élaborer à partir de ce qui, par le geste de la main qui écrit, fait trace. Il donne « lieu », au sens propre du terme, me permettant d'élaborer quelque chose de l'espace et du temps précédant une mise en mots ou une mise en traits, images. Ce qui permet parfois de passer d'un affect plus ou moins destructeur à un acte créateur (ou créatif). Ce qui sans doute a dévié, pour le meilleur, des tentations plus anciennes de passages à l'acte. Ce qui donc, permet, de re-lier là où la déliaison a creusé des abymes.

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22 février 2014

Les liens invisibles

photo 1

Les liens invisibles se transforment aussi,

à l'intérieur même

du corps propre.

 

Les liens invisibles meurent

aussi.

 

Les liens invisibles ouvrent

parfois de nouveaux

espaces

visibles.

 

Les liens invisibles, se tordent

et s'enlacent parfois

à l'intérieur même

du corps.

 

Les liens invisibles

existent et

vivent aussi.

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photo 3

photo 4

 

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23 décembre 2013

Apparition/disparition (Entre chien et loup)

Apparition/disparition

 

Les photos ont été prises à la Maison du peuple (Clichy) lors d'un concert de Gerome Nox (novembre 2013).

 

 

 

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14 décembre 2013

Clair-obscur

Le feu et la nuit

ne font pas bon ménage

en moi, ils s'exècrent l'un l'autre

je ne sais pas

pourquoi

 

le feu me brûle et me consume

plus qu'il ne m'anime

et la nuit fait brûler des flammes

qui m'enferment

plus qu'elles ne me libèrent

 

la nuit éteint souvent

ce qui reste des flammes

qui animent en moi

un désert aride et mon âme

pourtant avide

de feu

 

de flammes

d'amour

 

Mais ce qui brûle

éclaire un clair

obscur

 

 

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30 novembre 2013

Cris (noir et au-delà)

Barrière en miroir

évanouissement

 

automatique

crépusculaire, dès que

l'aube

état d'un crépuscule

qui se fait, tombe sans qu'on y prenne

garde.

Et l'on perd

tout. Sensation que tout est

perdu la vie entière

se met à se dérober

se dérobe

les crépuscules sont lunaires

et insensibles

ils s'abattent au beau

milieu

du cœur et le temps

sombre

 

Les mots ont leur calvaire

ils hurlent parfois la mort qu'ils extirpent

aussi des chairs

fumantes

 

 

Les morts crient

 

Les mots. Sans plus de.

 

 

Il n'y a pas de meurtre sans jouissance. Pense-t-il.

Qui m'a tué, moi qui suis encore en vie ?

 

Il y a toujours ces corps comme emmaillotés ou momifiés et qui sont morts assassinés et qui résonnent à l'infini dans mon esprit, il y a toujours ces cris, ces corps qui crient dans le vide comme en silence et qui résonnent à l'infini dans ma tête et ça fait mal, c'est douloureux et ça résonne

Ils sont désincarnés maintenant ceux qui crient, ils n'existent plus tout à fait vraiment mais il reste les cris, les cris qui résonnent à l'infini, les cris, les cris

 

L'écrit parce qu'il faut bien tenter de piquer les mots pour arrêter le flot, tenter de les piquer comme des papillons, mais pourquoi les mots deviennent-ils si morts eux aussi pourquoi est-ce que ça me pique les doigts pourquoi est-ce que je veux arrêter les mots comme des papillons pourquoi est-ce que ça tourne comme ça

 

dans ma tête. Des collections de papillons

morts et qui hurlent.

 

Et les genoux qui se dérobent

Et les genoux qui se dérobent

Et les genoux qui se dérobent

 

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