Barrière en miroir

évanouissement

 

automatique

crépusculaire, dès que

l'aube

état d'un crépuscule

qui se fait, tombe sans qu'on y prenne

garde.

Et l'on perd

tout. Sensation que tout est

perdu la vie entière

se met à se dérober

se dérobe

les crépuscules sont lunaires

et insensibles

ils s'abattent au beau

milieu

du cœur et le temps

sombre

 

Les mots ont leur calvaire

ils hurlent parfois la mort qu'ils extirpent

aussi des chairs

fumantes

 

 

Les morts crient

 

Les mots. Sans plus de.

 

 

Il n'y a pas de meurtre sans jouissance. Pense-t-il.

Qui m'a tué, moi qui suis encore en vie ?

 

Il y a toujours ces corps comme emmaillotés ou momifiés et qui sont morts assassinés et qui résonnent à l'infini dans mon esprit, il y a toujours ces cris, ces corps qui crient dans le vide comme en silence et qui résonnent à l'infini dans ma tête et ça fait mal, c'est douloureux et ça résonne

Ils sont désincarnés maintenant ceux qui crient, ils n'existent plus tout à fait vraiment mais il reste les cris, les cris qui résonnent à l'infini, les cris, les cris

 

L'écrit parce qu'il faut bien tenter de piquer les mots pour arrêter le flot, tenter de les piquer comme des papillons, mais pourquoi les mots deviennent-ils si morts eux aussi pourquoi est-ce que ça me pique les doigts pourquoi est-ce que je veux arrêter les mots comme des papillons pourquoi est-ce que ça tourne comme ça

 

dans ma tête. Des collections de papillons

morts et qui hurlent.

 

Et les genoux qui se dérobent

Et les genoux qui se dérobent

Et les genoux qui se dérobent