Reprendre. Envie à nouveau d'une écriture immédiatement partageable, donc d'écrire sur un blog. Comme s'il s'agissait de retrouver dans l'écriture l'éphémère du mouvement dansé. Sauf que le blog en fixe quelque chose. Comment lier, ou relier tout au moins l'éphémère et la durée ? Paradoxe.

Reprendre, maintenant, en cette fin d'année. Parce que certains silences broient tout sur leur passage. Il s'est produit beaucoup d'événements ces derniers mois, et ne pas écrire sonnait un peu comme être débordée par ces événements. Urgence,  à un moment, de retrouver un fil...Urgence aussi parce que les mots se bousculent parfois dans ma tête, et qu'ils ne sont pas sans incidence sur la vie même. Ne pas reprendre ce fil, qui ouvre finalement sur des champs de réflexion que je ne soupçonne pas toujours avant de poser des mots dessus, pourrait bien aboutir à des silences grossiers, isolants. Chacun pour soi, bien fait pour tous. Je ne veux pas de ça. Ecrire est aussi cela, continuer à échanger, à se rendre disponible à l'échange possible, virtuel ou non, avec ce que je peux saisir, du monde.

A chaque fois que je vais à Paris, par exemple, les mots se bousculent. Je me trouve projetée dans d'autres ambiances, et ce sont de nouvelles sensations qui émergent. Que valent ces sensations, que disent-elles ? Fulgurance de certains regards, d'émotions qui jaillissent. Me donnent envie de dire (de tenter, tout au moins) ce que je perçois d'invisible. Dire quelque chose de la cécité. De ce que l'on accepte de voir ou de ne pas voir. De ce que l'on supporte ou non de voir. Je parle là de cécité dans sa dimension symbolique. Celle à laquelle chacun de nous peut se trouver confronté.

Continuer, donc.

Pas toujours exactement comme on le décide à l'avance, d'ailleurs...J'écrivais dans le premier message de ce blog que j'avais pensé écrire tout autre chose que ce que j'avais écrit pour commencer ce blog...parce que l'écriture s'impose parfois autrement que de la manière dont on décide d'écrire. Je trouve cela précieux.

Et puis, ironie de la machine...le message s'est effacé avant que je n'aie pu l'enregistrer. J'ai pesté, et recommencé...autrement.

Poursuivre, comme chercher. Ecrire comme expérimenter quelque chose de la pensée et d'un agir possible quelque part, sur le monde. C'est ambitieux...